Au tour des bureaux de soutien

Les derniers jours de campagne, se clôturant ce vendredi 9 avril à 23 heures 59,  du candidat Idriss Déby Itno ont été consacrés à la ville N’Djaména. Le Président sortant en a profité pour marquer sa reconnaissance aux bureaux de soutien, la force populaire du mouvement. Ces structures sont-elles une singularité tchadienne ?

Depuis ce lundi 5 avril, le candidat Idriss Déby Itno a rendu visite aux bureaux de soutien à sa réélection. Une semaine qui se terminera par un grand meeting ce vendredi au stade Idriss Mahamat Ouya d’Ardep Djoumal. Ces haltes auprès de ces structures privées qui constituent la principale force populaire du MPS et de ses partis alliés, étaient, certes des obligations, mais aussi une forme de reconnaissance vis-à-vis de celles et ceux qui ont assuré la mobilisation de population depuis le 11 mars dernier.

Ces bureaux sont-ils une singularité tchadienne ?

En soi, je pense que cela n’existe nulle part ailleurs et à ce niveau d’investissement. Jean-Bernard Padaré, responsable de la cellule communication de la Direction nationale de campagne d’Idriss Déby Itno a fait le constat suivant : « Au début de cette campagne électorale, en ma qualité de responsable des actions de communication, lorsque j’allais visiter les installations de ces différents bureaux, que ce soit à N’Djaména ou ailleurs dans le pays, j’ai été frappé par une chose : l’engouement des personnes que nous avons rencontrées. Cette implication dans la campagne est unique en son genre. »

Ces femmes, ces hommes, ces groupements professionnels, ces associations de jeunes sont tous des bénévoles du Mouvement Patriotique du Salut et de la centaine de partis alliés qui forment l’Alliance du consensus. Ils puisent dans leurs fonds personnels pour communiquer sur l’image de notre candidat. « Ces initiatives sont des exemples d’altruisme. Des exemples de militantisme qui feraient pâlir d’envie plus d’un. Nous pouvons nous estimer fiers et chanceux d’avoir une base populaire aussi importante, aussi active et sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour relayer nos messages. » poursuit-il.

Pour mieux comprendre ce phénomène tchadien, il faut remonter aux sources de ce qu’est le militantisme. Une définition lexicale nous explique que c’est « L’ensemble des engagements collectifs à une cause de nature morale, religieuse, sociale, politique, associative ou syndicale (…) mais son usage au vingtième siècle dérive pour décrire l’expression organisée d’une protestation d’un groupe social. » François Maurillac nous apprend également que « L’origine du mot militant dans un sens moral et religieux se trouvait dans l’expression « Église militante », qui désignait les fidèles sur terre, par opposition à l’Église triomphante (au ciel), et à l’Église souffrante (au purgatoire). Le mot désigne ainsi en premier lieu les membres de la milice du Christ. »

Idéaux politiques et esprit de corps

Si on devait se trouver des sources d’inspiration (des sortes de miroirs en terme de militantisme) de ce que sont les bureaux de soutien actuels au Tchad, on se réfèrerait à la notion d’engagement et de sacrifice comme le prônait la formation politique au pouvoir en Tanzanie, le Chama Cha Mapinduzi (‘’Parti de la révolution’’ en langue Swahili) qui lui aussi a été un parti revendicatif (depuis 1952) avant de devenir un parti de pouvoir en 1977 lors de l’indépendance du pays.

Le militantisme de nos sympathisants est donc un dosage entre la défense des idéaux et l’esprit festif des retrouvailles entre militants. Un côté festif que nous retrouvons également dans nos bureaux de soutien. Ces ambiances au son des rythmes soudanais me font penser forcément (proximité culturelle oblige) au Motamar Al Watani (ancien parti politique soudanais).

Que ce soit le dogmatisme idéologique tanzanien ou la ferveur populaire/festive toute soudanaise, ils symbolisent tout deux notre pays, une sorte de trait d’union entre les différentes culture d’Afrique. Et ce, même en politique.

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